Une table basse au soleil d’azur,
un verre d’anis, deux petits bols bleus
garnis de grains de raisin de Corinthe.
Plus bas, un olivier centenaire,
des fleurs, des plants, un massif ;
au-dessus, un pin parasol bienvenu.
Et sous l’effet conjugué de l’été
de l’alcool et du repos du corps,
mon âme repart en quête de signes.
A l’autre bout de l’onde ronde
Athènes érige ses temples
aux chapiteaux feuillus
- je prends deux raisins dans le bol -.
Echos des aèdes, les cigales chantent.
Et leur cymbalisation apollinienne retombe
comme tombent les feuilles des plantes
qui décorent le massif à mon ombre.
Et me voici parti dans les mythes…
Le dieu soleil avec sa lyre
veut séduire la nymphe
qui lui résiste et le griffe au visage,
crime de lèse-divinité, puni
de métamorphose anthique !
(Mes lèvres trempées dans l’ouzo
sourient à ce mauvais jeu de maux.)
Apollon n’est plus, Zeus est mort, mais la nymphe
-Acanthe est son nom-, leur survit,
Et tandis que sa volute alanguie
avec désinvolture, vers le sol s’incline,
sa fleur, hélas couronnée d’épines,
s’élève et nous livre un message sacré.
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