mercredi 26 février 2025

Maux à l’endroit


Tu m’avais mis l’eau à la bouche

le bonheur à portée des mains

puis tu m’as laissé à l’abandon

mis mon coeur à feu et à sang


J’avais mis les genoux à terre

me jetant à corps perdu

dans un un combat à la vie à la mort

pour mettre mon coeur à tes pieds


Tu as ri a gorge déployée 

Tu t’en es donnée à coeur joie

Je m’excusais à corps et à cris

Tu t’esclaffais à tout rompre.


Tête à l’envers


Tu m’avais mis l’eau à gorge déployée 

le bonheur à tout rompre

puis tu m’as laissé à terre

mis mon coeur à la vie à la mort


J’avais mis mes genoux à l’abandon 

me jetant à coeur joie

dans un combat à la portée des mains

pour mettre mon coeur à feu et à sang


Tu as ri à tout rompre

tu t’en es donné à la bouche

Je m’excusais à tes pieds

tu t’esclaffais à corps perdu





Néguev

 

Tout et son contraire

Dire et contredire

Se terrer et se taire


Poser la question 

inattendue mais juste

Répondre l’étonnement 


Rester coi - Quoi?- bouche close.

Bras ballants qui tombent

Rien à dire d’intéressant 


Ne pas prendre le risque

de déplaire, d’irriter.

Ravaler sa salive.


Compter les morts

conter les désaccords

prendre le parti des forts


Devoir repenser à Ismael 

pour prendre de la distance

Respirer l’air du Néguev

depuis la France.

Manos

 

Tengo dos manos de barro.

Son de barro y lo serán.

Lo fueron las de mis abuelos

Cuando de puro barro hizo Dios

Al primer Adán.


Son barro del arquitecto

Son barro del escultor

Manos que albergan asilos

De paja y leña y ladrillo

Que endurece el sol.


Polvo somos, polvo y tierra

Y a la tierra hay que volver

Vida que en mis manos entra

Entra por signos de magia

Como en el Golem


Manos de seda tuviera…

Manos de hierro forjado…

Manos de agua y de fresa…

Si tuviera manos de aire…

Pero manos barro y sangre.


¿Son de mármol o de plata

Tus manos, acaso, hermano?

Deja que se hieran con los dientes

Las serpientes que no pueden

Pasear, ¡ay! de la mano 


Le mandarinier en fleurs


Sur la branche, un rouge-gorge

frappe l’écorce de son bec, droite et gauche.

Un sentier sous le mandarinier : 

en marchant 

tu appuies ta tête sur mon épaule.

Âge


De la Terre à la Lune

un aller sans retour

suivant par habitude 

une orbite azur,

une mouette bleue

parée de plumes d’or,

un rêve au coeur lourd

maquillé d’innocence…


De la terre à la nue,

lourds le coeur et le corps.

Le rêve, à son habitude,

me nargue et me nargue encore.


 

Sans titre


Toujours tout tourne

Et tourne… autour de quoi ?

Pas des jours.


L’amnésie se résout

À jouer la sourde oreille

Et se détourne et feint,

lâche et prudente.


Mais tout tourne et revient

À la terre, à la crypte, au mystère,

À la fertile graine 


Seule échappe à l’ellipse

La prière qui monte droite

Pour supplier l’Inconnu

D’adoucir l’atterrissage.




¡ Anda !

 Dedicado a Norberto Tito Iglesias


Tres mares te bañan

tres mares te riegan

y el viento del sur

dibuja en tu piel 

flores de azucena


Tres mares te lavan

cuando el sol te seca

y la luna blanca

te cubre la piel

de plata morena


Ese mar inmenso

que abre hasta el Poniente

tus brazos mineros

mece tus orillas

al compás de un tango

tango caribeño 


Y ese mar salado

morisco y romano

con seda de espuma

acaricia el lomo

del crisol ardiente

de tus mil culturas 

¡Ay!


Y este mar 

de tus entrañas

que gélido nace

¡Ay! en la piedra,

te alimenta

y bebe sedienta

de los afluentes

¡Ay! de la sierra,

un mar de agua dulce

que se desliza 

para darle un beso 

a la marisma…


Hoy parece el hilo

de una costurera

forzando un remiendo

en tu falda añeja


¿Será 

que de tanto lavarla

tenderla y secarla

y llevarla puesta 

en todas las ferias,

esta tierra mía 

que bañan tres mares

pierde los colores

que en nuestra memoria

tan guapa lucía?





mercredi 19 février 2025

Maldición


La luna sureña 

me truncó las venas 

con ironía.

Y corre el sol 

disfrazado de purpurina

por mis arterias.


Si llaman a libertad 

yo levanto 

no una bandera

sino versos de seda


Si llaman a riquezas

abro mis manos vacías

que se posen mariposas

que negros vientos extravían


Si llaman a odio

abro mis preguntas

desnudos el alma y el hombro

y la garganta desnuda 


¿Con cuáles aguas me bautizaron?

¿Qué párrocos en qué templo?

¿Qué tipo de misa pregonaron?

¿Qué guitarras en qué silencio

a disimular sonaron ?


Maldita esta bendita maldición

que me condena en vida

a cantar mis miedos,

que las noches me alegra

con coplas en modo mayor

cubriendo con ilusiones

mis lágrimas chirigoteras.