samedi 21 juin 2025

Summertime

 

Et tandis que loin de ta peau 

ma peau

s’abreuve aux contes de fées,

loin de tes doigts mes doigts

dessinent

dans l’air moite les mots

que la muse censure.


Ainsi le corps au coeur de l’été 

transpire

sans que l’âme ne prenne ombrage,

et la fièvre qui monte réveille 

complice

les interdits qu’en avril la pudeur 

ensommeille.


Fussé-je peintre ! On brûlerait 

en place publique 

mes gravures lubriques.

Poète je peux, sans les dire 

ni te nommer,

dessiner sur ma peau les outrages

que je te destine 

allant droit à l’endroit 

de l’envers de mes rimes.



lundi 9 juin 2025

Acanthe

 

Une table basse au soleil d’azur,

un verre d’anis, deux petits bols bleus

garnis de grains de raisin de Corinthe.


Plus bas, un olivier centenaire,

des fleurs, des plants, un massif ;

au-dessus, un pin parasol bienvenu.


Et sous l’effet conjugué de l’été

de l’alcool et du repos du corps,

mon âme repart en quête de signes.


A l’autre bout de l’onde ronde

Athènes érige ses temples

aux chapiteaux feuillus

- je prends deux raisins dans le bol -.


Echos des aèdes, les cigales chantent.

Et leur cymbalisation apollinienne retombe 

comme tombent les feuilles des plantes

qui décorent le massif à mon ombre.


Et me voici parti dans les mythes…

Le dieu soleil avec sa lyre

veut séduire la nymphe 

qui lui résiste et le griffe au visage, 

crime de lèse-divinité, puni

de métamorphose anthique !

(Mes lèvres trempées dans l’ouzo

sourient à ce mauvais jeu de maux.)


Apollon n’est plus, Zeus est mort, mais la nymphe

-Acanthe est son nom-, leur survit,

Et tandis que sa volute alanguie

avec désinvolture, vers le sol s’incline, 

sa fleur, hélas couronnée d’épines,

s’élève et nous livre un message sacré.