dimanche 31 août 2025

Cruzados

 

El soldado enemigo

no tiene madre

puede ser degollado…

No tiene padre:

nadie vendrá a llorarlo

ni a clamar por justicia

ni a vengarlo.


El soldado de enfrente

no tiene novia:

no lo echarán de menos.

No está casado…

No habrá viuda de luto

si lo dejas por el monte

acribillado.


El conscripto enemigo

no tiene hijos:

puede ser extinguido.

No tiene estirpe:

No hay huérfanos que vengan

como las Furias

a castigarte.


El extranjero que viene

no tiene historia:

ya puede ser borrado.

No tiene ni alma,

ni razón, ni perdón.

Pueden asesinarlo

sin confesión.


¡Qué suerte haber nacido

-Mi capitán-

De este lado del Dios

de la Verdad!




lundi 25 août 2025

" Pas un autre que moi ne m'arreste "

 

Je sens que le temps presse. Que je dois

Faire le tri dans mes combats. Je n’ai plus

Assez d’heures, de jours, d’enfance. L’urgence

M’oppresse et tresse mes nerfs. De guerre las

Je rechigne à reprendre les armes. Et pourtant


Je le sens bien, que te temps vole et me colle

Au derrière et me pousse. Vers quels avants ?

Trop de choix, de luttes, de voies. Je dois

Faire le tri dans mes forces. Les charges

Sous les étendards ont fait long feu. Dieu


S’est résolu à se dissoudre en aboiements

D’ignorants déracinés vindicatifs. Balanciers

De l’Histoire qui nous giflent. La schlague

S’est mis à parler hébreu. Le sable 

Se dérobe sous mes pieds et dans le sablier.


Plus de temps. Les âges se mélangent

Et les ères superposent leurs redites

avec la transparence des films d’antan. 

Dominants et résignés re-signent leurs contrats.

Et la chose publique saigne sur l’autel du Profit.


Au pied de l’estrade le peuple réclame

Le droit à la bulle divertissante. L’élite exige

L’exigeante épine à la pointe émoussée 

Par un galvaudage accéléré. Demain

Ses thèmes seront désuets. Alors ?


Quoi conter de neuf, d’outrancier, de plaisant?

L’urgence à dire a-t-elle cours ? Pressé

De faire, forcé de croire, stressé d’agir.

Entrelacées les lignes de vie, de coeur, 

de tête. Mais deux mains. Deux. Seulement.


L’une pour l’épée, l’autre pour l’écu. Manque

La devise. Trier les mots même de mes rêves. 





samedi 23 août 2025

Fantoches

 

Jérusalem ! O, Jérusalem ! 

Héritage de la Paix … Ville dix fois sacrée …

Tes mères n’ont-elles pas suffisamment

pleuré sur elles-mêmes et sur leurs enfants ?


Tes pierres d’aujourd’hui, 

Ô, Jérusalem! n’en finissent pas 

de vaciller sur tes pierres d’hier.

La pluie de ce siècle lessive amèrement

les larmes et la bile de la suite des siècles.


Le voile qui cachait le secret de l’alliance

s’est si souvent déchiré sous l’orage

des meurtres, des signes, des abus,

que la miséricorde a pour toujours 

déserté ton nom, vendue trente cryptodeniers 

a la prostitution de la nouvelle Babylone.


Ô, Jérusalem ! Le sang de vie qui coulait 

dans les veines de tes ruelles

sèche maintenant sur tes mains cupides,

sang de tes frères blessés et de tes neveux 

affamés par ton aliénation amnésique.


Marionnettes que nous sommes, 

Spectateurs toi et moi, inaptes à lever,

non pas la cruelle épée salvatrice, mais 

la paire de ciseaux qui trancherait

les fils des doigts qui nous manipulent.