lundi 25 août 2025

" Pas un autre que moi ne m'arreste "

 

Je sens que le temps presse. Que je dois

Faire le tri dans mes combats. Je n’ai plus

Assez d’heures, de jours, d’enfance. L’urgence

M’oppresse et tresse mes nerfs. De guerre las

Je rechigne à reprendre les armes. Et pourtant


Je le sens bien, que te temps vole et me colle

Au derrière et me pousse. Vers quels avants ?

Trop de choix, de luttes, de voies. Je dois

Faire le tri dans mes forces. Les charges

Sous les étendards ont fait long feu. Dieu


S’est résolu à se dissoudre en aboiements

D’ignorants déracinés vindicatifs. Balanciers

De l’Histoire qui nous giflent. La schlague

S’est mis à parler hébreu. Le sable 

Se dérobe sous mes pieds et dans le sablier.


Plus de temps. Les âges se mélangent

Et les ères superposent leurs redites

avec la transparence des films d’antan. 

Dominants et résignés re-signent leurs contrats.

Et la chose publique saigne sur l’autel du Profit.


Au pied de l’estrade le peuple réclame

Le droit à la bulle divertissante. L’élite exige

L’exigeante épine à la pointe émoussée 

Par un galvaudage accéléré. Demain

Ses thèmes seront désuets. Alors ?


Quoi conter de neuf, d’outrancier, de plaisant?

L’urgence à dire a-t-elle cours ? Pressé

De faire, forcé de croire, stressé d’agir.

Entrelacées les lignes de vie, de coeur, 

de tête. Mais deux mains. Deux. Seulement.


L’une pour l’épée, l’autre pour l’écu. Manque

La devise. Trier les mots même de mes rêves. 





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